Pourquoi se calmer peut devenir un évitement émotionnel
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Tu as peut-être appris à respirer profondément quand quelque chose monte trop fort. À nommer ce qui se passe dans ton corps. À revenir dans le moment présent, à te reconnecter à tes cinq sens, à faire diminuer ce qui était devenu trop intense.
Tu as peut-être essayé ça des dizaines de fois. Et malgré tout, la même réaction revient — dans le même genre de moment, avec le même genre de personne, autour du même genre de sujet.
Ces techniques peuvent vraiment aider
Il y a des moments où avoir un peu plus de stabilité, un peu plus de soutien, fait une vraie différence — où on a simplement besoin de temps pour pouvoir continuer.
Mais il y a une question qu'on se pose rarement, et qui vaut peut-être la peine d'être posée :
Est-ce que je me soutiens pour rester avec ce que je ressens — ou est-ce que j'utilise cette technique pour ne plus avoir à le ressentir?
Et si réguler ne voulait pas toujours dire se calmer?
On associe souvent « être régulé » à un cœur qui bat plus lentement, un corps détendu, une sensation de calme. Mais il y a une autre façon de comprendre ça : être davantage régulé, ça peut aussi vouloir dire devenir capable de sentir une émotion forte — de la colère, de la peur, un chagrin — sans devoir tout de suite la faire disparaître, réagir sous son impulsion, ou s'en couper.
Dans cette perspective, se calmer et rester présent à ce qui est difficile ne sont pas deux choses opposées. Ce qui change, c'est ce qu'on cherche à faire de l'émotion : la faire taire au plus vite, ou rester avec elle assez longtemps pour comprendre ce qu'elle a peut-être à dire.
Certaines émotions ont été évitées bien avant que tu apprennes à les calmer
Une partie de ce qui a pu se mettre en place tôt dans une vie, c'est justement une façon d'éviter certaines émotions parce qu'elles n'avaient pas de place à un moment donné — la colère qui n'était pas la bienvenue, le besoin qui dérangeait, la tristesse qu'il valait mieux garder pour soi. On pourrait parler ici d'évitement émotionnel : une façon de prendre ses distances avec certaines émotions, parfois sans même s'en rendre compte.
Si le seul réflexe, une fois adulte, reste de calmer ce qui monte le plus vite possible, on peut sans le vouloir reproduire ce mouvement-là : s'éloigner de ce qu'on ressent plutôt que de le rencontrer. La technique change — ce n'est plus « fais comme si de rien n'était », c'est « respire, ancre-toi, reviens à un état stable » — mais le geste intérieur peut rester le même.
Ce que l'inconfort peut avoir à dire
Une limite que tu poses. Ton cœur qui accélère. Une peur ou une colère qui montent. Le réflexe peut être : « je suis dysrégulé, il faut que je me calme. » Mais il y a une autre question possible : « qu'est-ce qui se passe pour moi, là, maintenant? Qu'est-ce que cette réaction essaie peut-être de me faire reconnaître? »
Ça ne veut pas dire qu'il faut se forcer à ressentir davantage, ou rester dans une détresse qui dépasse ce qu'on peut porter. Il ne s'agit ni de faire disparaître l'émotion, ni de la provoquer. Il s'agit de lui laisser assez de place pour mieux comprendre ce qui se passe avant de décider quoi en faire.
Pourquoi la même réaction peut revenir malgré tout ce travail
Si une émotion continue d'être évitée — même avec de bonnes techniques — ce qu'elle porte reste, lui aussi, non rencontré. Le besoin qu'on n'a jamais laissé exister. La colère qu'on a appris à faire taire avant même qu'elle prenne forme. Le conflit qu'on préfère apaiser plutôt que traverser.
Ce n'est pas un manque de discipline ou de bonne technique. Si le réflexe reste toujours de revenir le plus vite possible à un état plus confortable, on peut passer à côté de ce que l'émotion essaie de nous montrer.
Une autre façon de regarder ça
Dans le travail que je fais, je ne pars pas de l'idée qu'une émotion difficile est un problème à corriger ou un état à faire disparaître. Je pars plutôt de ce qui compte réellement pour toi, et on regarde ensemble ce qui se met en travers — y compris ce qui, dans une émotion inconfortable, mérite peut-être d'être rencontré plutôt qu'évité.
Le corps et l'attention à ce qui s'y passe font partie de ce travail. Mais l'objectif n'est pas de produire un état de calme précis, ni de te ramener systématiquement vers ce qui est confortable. Il s'agit plutôt de rester curieux de ce qui est déjà là, même quand ce n'est pas facile — et de voir, avec le temps, si ça t'ouvre davantage de choix dans la façon dont tu réagis, plutôt qu'un état particulier à atteindre.
Si ça résonne avec ce que tu vis, l'appel gratuit est une première occasion simple de voir si cette façon de travailler pourrait te convenir.
Thérapeute relationnel et somatique
Séances en ligne · Montréal, Québec
Courriel : contact@francoislacharite.com
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